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Les grandes dérives d’Airbnb #3 Et partout dans le monde

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par BsBnbe| Fev 13,2018 | Dossiers

L’entreprise américaine, airbnb, a démocratisé le voyage pour beaucoup. Mais ce n’est pas un secret que son succès a causé quelques dérives : l’exacerbation de la crise immobilière dans les grandes villes touristiques, l’accélération de la gentrification des centre-villes.

Partout dans le monde, des villes comme Paris, Barcelone, New-York affichent complet ! Ces villes ont réalisé que la plateforme de location airbnb a des conséquences sur la vie de leurs habitants. Ces villes se sont défendues en se dotant de tous les outils possibles pour réguler le phénomène d’ “airbnbisation” dans les centre-villes.

Paris:

Dans leur vidéo “Airbnb: une menace pour nos logements”, Le Fil d’Actu, une émission d’information libre et indépendante, a mis en lumière les répercussions liées à l’explosion des biens en location sur airbnb à Paris.

Avec 60.000 logements parisiens proposés sur airbnb, la capitale française constitue le premier marché pour airbnb. 20 000 logements auraient été reconvertis en locations touristiques, depuis 2009.

Selon le Fil d’Actu, en 5 ans dans les 4 premiers arrondissements parisiens, on constate que 26% des logements du marché des locations traditionnelles ne serviraient plus à loger des habitants. Cette baisse de l’offre de location a une conséquence sur le loyer. A savoir que le loyer moyen d’un studio à Paris est de 777 euros et pour 30 nuitées sur Airbnb le chiffre s’élève à 1935 euros soit plus du double.

Depuis 2009, on a remarqué qu’un peu plus de 20.000 logements ont été reconvertis en meublés touristiques. Airbnb est accusé d’avoir dépeuplé le centre de Paris. En 2009, Paris comptait 2 234 105 habitants. En 2014 : 2 220 445. Soit 13.660 habitants de moins en 5 ans. Résultat : trop de touristes et c’est la qualité de vie des centre-villes qui en pâtit. Les commerces de proximité disparaissent pour laisser place à des entreprises touristiques. Une vie de quartier disparaît pour laisser place aux bruits des valises qui roulent sur le trottoir.

La mairie de Paris s’inquiète de la baisse du nombre de logements pour leurs habitants dans les quartiers centraux. Elle a alors mis en place des outils de régulation pour protéger ses surfaces de logements. En limitant le nombre de nuitées à 120 jours par an et en instaurant des contrôles; Paris espère endiguer les effets négatifs de la multiplication des meublés de tourisme.

Barcelone

Barcelone a toujours été une destination phare des touristes. Avec des millions de visiteurs chaque année, la capitale de la catalogne est étouffée sous le tourisme. On a pu voir alors émerger, au sein des barcelonais, un mouvement “anti-touristes”. Pour contenir l’afflux de touristes, la ville a pour objectif de limiter la capacité d’hébergement touristique.

La massification d’appartements touristiques entraînent une hausse des loyers. En 2016, Barcelone a vu le prix de ses loyers augmenter de 16.5%. Des plate-formes comme Airbnb se retrouvent dans le collimateur de la ville. Airbnb y a pris une telle ampleur qu’on lui reproche d’aggraver la crise de l’immobilier. Les Barcelonais, excédés par la situation, se sentent exclus du centre-ville au profit des locations de meublés illégaux.

La ville a pris des mesures pour traquer ces logements touristiques illégaux/ illicites. Désormais, les propriétaires doivent s’enregistrer à la municipalité pour obtenir un permis afin de régulariser leur logement airbnb. Ceux qui n’ont pas fait les démarches, lorsqu’ils sont retrouvés, sont condamnés à des amendes pouvant aller jusqu’à 60.000 euros.

Les restrictions de Barcelone sont venues après une vague de protestation populaire contre les touristes et les propriétaires fonciers tant la patience de nombreux barcelonais arrive à ses limites.

New York

En juin 2016, un rapport commandé par deux groupes de défense du logement abordable : Housing Conservation Coordinators et MFY legal services, a révélé que les locations permanentes à court-terme réduisaient de 10% le stock de logements disponibles. Soit,un peu plus de 8.000 logements dédiés à la location traditionnelle ont été transformés en meublés de tourisme.

Le rapport montre qu’au cours de l’année 2015, 55% des annonces airbnb à New-York était illégales et louées pendant plus d’un tiers de l’année, ce qui les rendait indisponibles pour les New-Yorkais. Il souligne également que 30% des logements airbnb sont tenus par des investisseurs qui ont généré 317.5 millions de chiffre d’affaire annuel.

Les quartiers de Brooklyn et de Manhattan sont les quartiers les plus touchés, avec 90% des annonces Airbnb qui y sont concentrées.Le rapport constate que le pourcentage d’unités de logement converties en hébergements touristiques a une forte incidence sur la disponibilité de logements dans ces quartier et présente une forte corrélation avec l’augmentation des prix des loyers.

La ville de New-York désire remettre des appartements sur le marché de la location pour les New-yorkais. C’est pourquoi, en 2016, une nouvelle loi a été votée. Une loi destinée à encadrer les logements airbnb. Désormais, la législation locale prévoit qu’il est interdit de louer son appartement pour une durée de moins de 30 jours, à moins d’être présent dans l’appartement durant le séjour des invités. Les propriétaires qui ne respectent pas la loi risquent des amendes pouvant aller jusqu’à 7.500 dollars.

Et vous ? Où habitez-vous ? Avez-vous ressenti cette crise du logement ?

Découvrez également notre article sur airbnb à Bruxelles.